Le régime cétogène est-il mauvais pour la santé ?

Table des matières

Introduction et génèse

Ha, le gras ! Diabolisé par tant de nutritionnistes depuis les années 80 (souviens-toi, c'était l'époque des "céréales complètes" au lait écrémé et des shaker protéinés) ; on le rend, aujourd'hui encore, coupable de nombreux maux.

Du taux de cholestérol du grand-père Robert jusqu'à la marche lourde de nos fesses ; c'est sûr, c'est la faute du gras !


En réponse à cette idéologie tout droit venue du monde de l'industrie alimentaire, notamment le lobby du sucre et des céréales (voir Sucre, le doux mensonge ainsi que l'histoire d'Hancel Keys, qui a popularisé la diète faible en gras dans les années 50), certains chercheurs ont tenté de mettre en avant les bienfaits des acides gras dans l'alimentation humaine, et ce au dépend des glucides.

Un shift à 180 degrés !

Que disent les experts ?


Avant de répondre à cette question, il me semble pertinent de rappeler ici quel est le processus par lequel passe le corps lorsqu'il est soumis à une diète cétogène prolongée (au moins 3 semaines).

Véritable révolution pour ton métabolisme, qui, d'oxydateur de sucre, va se transformer en oxydateur de graisse, la diète cétogène va te permettre, au moyen d'un processus appelé cétose, et avec l'aide de ton foie, de fabriquer des corps cétoniques.

Ce carburant de substitution (les cétones), va donc remplacer le glucose pour la production d'énergie au niveau des cellules! Pour ce faire, il nous "suffira" dans un premier temps de vider nos réserves de gycogène hépatique en consommant moins de 50 gr de glucides par jour, (plus généralement 20 gr) de préférence sous forme de légumes. Un minimum de 80 % de nos calories se verra dévolu à la consommation de matières grasses.

Oui oui, pour une femme de taille moyenne ayant une activité physique légère, ça fait du 1600 calories par jour à ingérer sous forme de beurre, huile, saindoux, fromage, oléagineux etc... !

En bref, l'équivalent d'une petite plaquette de beurre !

BON...

Si tu as déjà la nausée, je t invite à quitter cette page immédiatement 😃


La phase dite d'adaptation, période pendant laquelle ton foie va devoir "métaboliser" les graisses de ton alimentation pour les transformer en cétones, peut durer quelques semaines, voire, pour les organismes les plus fatigués (résistance à l'insuline notamment) quelques mois. Ce temps de réajustement peut s'avérer extrêmement difficile et s'accompagner de divers troubles : fatigue, constipation, ballonnements, troubles du sommeil...

En t'épargnant les montées et descentes de glycémie quotidiennes, tu expérimenteras ensuite un bien-être mental et un dynamisme beaucoup plus diffus, ainsi qu'une capacité de concentration accrue (ce qui fait de la diète cétogène un excellent candidat pour améliorer les symptômes du TDAH, pourrait-on penser).

De plus, si tu souffres de troubles mentaux comme la schizophrénie, la dépression, ou si tu es victimes de TOC, la cétose nutritionnelle pourrait t'apporter (c'est au conditionnel) le plus grand calme que tu aies probablement jamais expérimenté...

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Docteur Chris Palmer, psychiatre de l'Université D'Harvard et auteur de l'excellent livre Brain Energy !

Les expérimentations qu'il a mené (parfois malgré lui !) sur ses propres patients forment à elles seules un excellent plaidoyer pour le régime cétogène. Que l'on soit ou non d'accord avec ses conclusions, son ouvrage est un must have pour comprendre le fonctionnement du cerveau et des mitochondries.


Je te conseille également celui du Dr Georgia Ede, Change Your diet, Change your mind, désormais disponible en français.


La plupart d'entre nous ne connait pas cet état particulier de constance et de stabilité, et pour cause : aujourd'hui, nous consommons en moyenne (et selon les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé) 300 gr de glucides par jour sous forme de pain, pâtes, fruits, barres chocolatées, etc... Tandis que, selon les experts, dr David Perlmutter en chef de file, l'individu moyen aurait besoin d'un apport n'excédant pas 100 gr pour éviter la prise de poids.

Justement, le dr David Perlmutter ensemble avec le dr Robert Lustig et, plus récemment, le docteur Chris Palmer, ainsi que certains chercheurs et journalistes indépendants (Mark Sisson, Gary Taubes) ont étayés, à travers leurs ouvrages, la théorie selon laquelle la surconsommation d'hydrates de carbones serait responsable de nos maladies de civilisation.

Diabète, cholestérol, intestin poreux, dépression, obésité... Autant de drames qui pourraient se résoudre, selon les intéressés, par une utilisation intelligente de la diète cétogène, ou faible en glucides. Sans pour autant rentrer dans un énième dogme alimentaire, il faut dire que ce type de nutrition s'avère assez efficace pour les pathologies citées plus haut, et plus encore.

A ce titre, je ne saurai que te recommander le visionnage des documentaires The Magic Pill et Fat Fiction... qui ont largement de quoi laisser pantois (ça se dit encore, ça? ).

Ils sont disponibles en libre accès sur YouTube !

La faiblesse des études actuelles

Une étude n'a pas la même valeur selon son plan. Le « gold standard », c'est l'essai randomisé, contrôlé, en double aveugle. En nutrition, il est rarement atteignable : on ne peut pas servir un faux régime cétogène à quelqu'un qui voit très bien ce qu'il mange. [1] Ou alors il devrait manger les yeux fermés et que quelqu'un soit stationné en permanence devant lui pour vérifier qu'il ne triche pas 😅 Bref tu vois où je veux en venir.

Deux autres faiblesses pèsent davantage :

  • des échantillons minuscules : sur 68 essais randomisés, la taille médiane est de 42 participants, pour 13 semaines de suivi [2]

  • des études sans groupe témoin : sur l'anxiété, une méta-analyse de 2025 trouve un effet de -0,58 dans les études non randomisées, et de -0,03 (autrement dit, aucun) dans les essais randomisés [3]

Résultat : sur 115 associations évaluées, 3 % reposent sur des preuves de haute qualité [2].

Là où les preuves tiennent

  • Épilepsie pharmacorésistante : c'est la seule indication à haut niveau de preuve. Chez l'enfant, les crises sont réduites de moitié ou plus environ 5 fois plus souvent qu'avec l'alimentation habituelle (risque relatif de 5,11) [2]. La revue Cochrane s'appuie sur 13 essais et 932 participants [4].

  • Diabète de type 2 : sur 23 essais et 1 357 personnes, la rémission à 6 mois atteint 57 % contre 31 % chez les témoins. La certitude reste modérée à faible, et l'écart n'est plus significatif si l'on exige une rémission sans médicaments [5]. Les traitements doivent être adaptés avec le médecin avant de commencer.

Là où elles ne tiennent PAS ENCORE
(ça ne veut pas dire jamais, hein)

  • Schizophrénie : prometteur, pas démontré. Un essai randomisé de juillet 2026 (58 personnes, 1 mois) montre une amélioration métabolique. Les symptômes s'améliorent à 4 mois, mais dans une extension sans groupe témoin [6]. Là encore, selon la science, l'étude est faible., même si d'autres études de cas rapportent une rémission complètes des symptômes de schizophrénie ou une grande amélioration, comme le docteur-psychiatre Albert Danan. [7]

  • Anxiété : les 9 essais randomisés ne montrent aucun effet [3].

Pourtant, fragile ne veut pas dire faux. En témoignent les nombreux retours d'expériences que l'on peut lire un peu partout sur internet et dans ma clientèle. Une de mes coachées souffrant d'anxiété m'a même confiée "je me sens tellement sereine au quotidien que j'ai l'impression d'être une personne différente, ou plutôt, d'être devenue enfin moi-même."

Le pouvoir des cétones quoi 😎

Sources : [1] Staudacher et al., Proc Nutr Soc, 2017 ; [2] Patikorn et al., BMC Medicine, 2023 ; [3] Janssen-Aguilar et al., JAMA Psychiatry, 2025 ; [4] Cochrane, mise à jour 2020 (résumé : Am Fam Physician, 2021) ; [5] Goldenberg et al., BMJ, 2021 ; [6] Abram et al., Schizophrenia Bulletin, 2026. [7] Danan A, Westman EC, Saslow LR, Ede G. The Ketogenic Diet for Refractory Mental Illness: A Retrospective Analysis of 31 Inpatients. Front Psychiatry. 2022

Mon avis

Certes, nous n'avons pas tous la même facilité à métaboliser les sucres! En cela, la recommandation du PNNS (Programme National Nutrition Santé) qui préconise de manger 50% de nos calories quotidiennes sous forme de sucres (complexes ou simples) me parait un peu absurde pour beaucoup de personnes. Comme toujours, tout dépend du contexte ! Une alimentation donnée pourra s'avérer bénéfique pour une personne ne présentant aucun trouble digestif et terrible pour un individu diabétique.

A l'heure où les maladies de civilisation que sont le diabète et l'obésité explosent (sans parler de toutes les nouvelles pathologies mentales), nous sommes en droit de remettre en cause notre mode de vie, et l'alimentation en est un pilier important.

Là où le bas blesse, c'est qu'il existe autant d'experts pro-glucides qu'anti-glucides.

Pour la simple raison qu'il n'existe aucun aliment glucidique labellisé "essentiel", au contraire des acides gras omega 3 et omega 6, des vitamines et de certains acides aminés, la plupart des "avocats" du régime cétogène en concluent que les sucres sont inutiles, alors que la science nous prouve le contraire (voir le livre de Broda Barnes The unsuspected illness)!

Les contradicteurs reposent souvent leur argumentation sur le fait que la thyroïde, dont dépend l'ensemble de notre métabolisme, est gluco-dépendante, tout comme les globules rouges et certaines régions du cerveau.

Mais mais mais... ce que les contradicteurs oublient de dire, c'est que le foie, même plongé en cétose profonde, continue à sécréter du glycogène, à partir d'alternative au glucose, comme le glycérol ou les acides aminés (+ pyruvate et lactate).

Alors que, d'après les pratiques respectives du Dr Sarah Hallberg et de la diététicienne Alyssa Gallagher (voir Fat Fiction), il est possible d'amener le diabète jusqu'à complète rémission... en retirant la majorité des sucres présents dans l'alimentation ; d'autres, comme le célèbre biologiste Ray Peat, la nutritionniste Emma Sgourakis ou encore Kate Deering, plaident en faveur d'une alimentation riche en glucides (avec une préférence pour les sucres simples issus des fruits et les sucres complexes issus des produits laitiers ou des amidons) et plus faible en acides gras.

Pour eux, le régime cétogène n'est autre qu'un "pis aller", et les hormones du stress (cortisol, adrénaline) générées par l'absence quasi totale de glucides ne peuvent que conduire au crash métabolique. Selon la coach Kate Deering, une des explications du mieux-être ressenti par les adeptes du keto se trouverait dans le fait que les besoins en vitamine B1 (ou thiamine) se trouveraient réduits, dû à l'absence de glucides dans l'alimentation. Cela pourrait donc soulager les personnes soufrants d'une carence en vitamine B1, qui est un élément essentiel à la métabolisation des sucres et DONC à leur transformation en énergie cellulaire.

Or, cette carence serait aujourd'hui légion dans la plupart des pays industrialisés.

A l'opposé de ce spectre, des docteurs tout aussi nombreux, d'horizons différents, obtiennent d'incroyables résultats en prescrivant à leur patient un protocole cétogène ou faible en glucides (low-carb).

En sus des Dr Chris Palmer et Georgia Ede, cités plus tôt, Dr Bret Scher et Dr Eric Westman, respectivement cardiologue et spécialiste de l'obésité, plaident en faveur d'une diète cétogène pour les maladies métaboliques, le surpoids, et la santé du coeur.

Comment savoir qui a raison ?


Au-delà des études, des dogmes et des théories qui pourraient guider tes décisions alimentaires, et en conclusion à cet article, je pense qu'il est tout de même préférable d'expérimenter par toi-même les effets de la cétose et plus particulièrement de l'adaptation sur notre métabolisme (qualité du sommeil, humeur, équilibre hormonal...).

Personnellement, c'est ce que je me suis appliquée à faire, et autant te dire que je ne suis pas prête à revenir en arrière, car la diète a littéralement changé ma vie pour le meilleur.

Et toi, as-tu déjà expérimenté la diète cétogène ? Si oui, quelle a été ton expérience?

Je t'attends en commentaire !

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Iris Gökaltay

Passionnée de nutrition depuis l'adolescence,
je suis devenue coach cétogène après avoir guéri
ma santé mentale grâce à ce mode de vie.

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A propos

Bienvenue sur le blog de La Cétogénie !
Je m’appelle Iris, j’ai 34 ans et j’ai créé ce blog pour aider ceux qui le souhaitent à adopter un régime cétogène pour recouvrer leur santé.

Tu y trouveras des ressources claires sur les corps cétoniques et la nutrition appropriée pour maintenir l'état métabolique de cétose...Bonne lecture!

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